CULTURE – VŒUX DE NOUVELLE ANNÉE

À NOËL DOUHORÉ
Par Simplice Ongui

Frère Noël,

Tu sais,
je parle peu.
Les mots, chez moi,
n’aiment pas la foule.
Ils s’accumulent en silence,
ils attendent,
et quand ils sortent,
ils prennent la forme du fleuve.

Si mes poèmes sont longs,
ce n’est pas par goût de l’excès,
mais parce que j’y dépose
ce que je n’ai pas l’art
de dire à voix haute.
Là où d’autres parlent beaucoup,
j’écris profond.

Alors pour cette année nouvelle,
je te souhaite
des silences féconds,
ceux qui nourrissent le verbe juste.
Je te souhaite une parole
qui ne se presse pas,
mais qui arrive entière
quand elle arrive.

Que tes poèmes continuent
d’ouvrir des espaces
où l’on pense sans crier,
où l’on débat sans se perdre,
où l’unité reste une exigence
et non un slogan.

Que cette année
ne nous rende ni plus bavards,
ni plus prudents que nécessaire,
mais plus vrais.

Que ta plume,
comme la mienne,
reste ce lieu de compensation noble :
quand la bouche se tait,
que l’écriture parle juste.

Et que notre conversation poétique
— lente, exigeante, fraternelle —
continue de dire
ce que le vacarme refuse d’entendre.

Bonne année, frère Noël.
Que le temps respecte nos silences,
et que nos mots,
quand ils viennent,
sachent rester debout.

Simplice ONGUI
Londres, hiver 2025

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